Cynthia Davis Vampires


 Age : 156 Inscrit le : 25 Juin 2008 Messages : 81 Localisation : quelque part à LA, entre mon cabinet et mon appart Emploi/loisirs : médecin-psychiatre-généticienne (ben oui, en vampire, on peut tout tester)...
| Sujet: souvenirs, nostalgie, nouveau départ... (pv pour qui veut) Jeu 26 Juin - 22:33 | |
| Bien qu'elle soit installée depuis plus de trois mois après son retour d'Europe, Cynthia avait toujours refusé d'ouvrir l'un de ses cartons de déménagement."Plus tard, j'ai toujours le temps, rien ne presse..." se répétait-elle. Aujourd'hui cependant, elle ne pouvait plus supporter la vue de cette boîte, posée dans un coin du salon... Cynthia n'avait pas besoin de l'ouvrir pour savoir ce qu'elle renfermait... Les déménageurs, la vampire s'en souvenait encore, lui avaient demandé si elle voulait s'en débarasser, parce que l'un d'eu connaissait quelqu'un detrès bien qui... la réponse ou plutôt le cri de Cynthia avait fusé, immédiat : NON !Les déménageurs, tellement surpris par cette réaction plus qu'exagérée à leur goût, n'avaient pas répliqué et étaient partis, à la fois inquiets pour la jeune femme, et aussi désolés pour elle, supposant que la boîte devait contenir quelque chose de difficile et douloureux pour cette demoiselle. Ils n'avaient pas vraiment tort : l'objet renfermait la correspondance échangée avec Wilhelm, correspondance qui avait duré de 1909 à 1913, qui était constituée de 396 lettres exactement. 396 lettres lues et relues pendant des mois, dans l'attente et l'espoir que son parrain vienne la retrouver à Washington, puis à Memphis, et enfin à LA.Assise en tailleur sur le bout de son canapé, Cynthia fixait la boîte depuis maintenant plus de deux heures, immobile, les coudes appuyés sur ses genoux. Son portable sonna, ce qui l'arracha à sa rêverie. Pourquoi diable avait-elle mis son réveil à 19h49 ?.. Zut. Elle avait oublié. Bah, si c'était un rendez-vous, elle recevrait un appel d'une personne énervée, et voilà tout... Cynthia était comme ça, un peu tête en l'air chez, toujours les idées bien en place à son lieu de travail. La vampire reposa son téléphone sur la table basse, décroisa avec difficulté ses jambes, défroissa la toile beige de son pantalon et se dirigea vers l'angle de la pèce. Entre la porte de la salle de bains et la haute table du Penseur, la petite boîte qui semblait la narguer depuis des mois se vit soulevée et emmenée dans la fausse chambre de la jeune vampire. Là, cette dernière déversa le contenu sur le dessus de lit, avant d'attraper une des lettres éparpillées. De quand datait-elle ? Ah, oui... Cynthia s'allongea en travers du lit, et commença sa lecture..."Novembre 1909.Liebe Kunthea *, Wie geht's dir ? * dans ta dernière lettre, tu disais que les Américains étaient accueillants. J'espère pour toi que tu vas réussir à te recréer une vie. Elle sera meilleure, forcément, que celles que tu aurais eu en restant ici, au Havre, ou à ton autre maison de Brighton. Reste aux Etats-Unis, reste à Washington, ce sera mieux, plus prudent pour toi... Peut-être te rejoindrai-je un jour, wer weiss? * Mais ne t'inquiète pas pour moi. Tout ira bien ! Rassure-toi aussi pour tes proprétés, je m'occupe des ventes, et t'en enverrai l'usufruit, dès que tu auras une adresse fixe. Ton hôtel est sans aucun doute convenable - avec la fortune que t'a laissé ton mari, ich hoffe! * -, mais rien ne vaut un chez-soi, un vrai endroit rien qu'à toi... Je répugne également à t'envoyer une aussi importante somme d'argent à une adresse qui n'n'est pas totalement sûre... D'ailleurs, à propos de maison, que penses-tu acheter ?.. J'ai entendu dire par une de mes relations que la province alentour de Washington regorgeait de superbes villas..."Cynthia arrêta sa lecture, et attrapa une autre missive...Non, pas celle-là, ni celle-ci... ah, voilà. oh non : celle que venait d'attraper Cynthia était l'une des dernièrs lettres de Wilhelm puisque celle-ci était datée de juin 1914.La jeune vampire sauta des passages ici et là pour lire, relire et se gorger d'un phrase, une seule phrase, qui la rendait à la fois heurese et extrèmement triste... "Du versäumst mich" * Cynthia contempla ces trois mots un bref moment, mais les larmes lui piquèrent bientôt les yeux. Wilhelm... Après avoir relu les lettres de Wilhelm, elle s’était sentie vidée. Emotionnellement. Et puis, elle en avait eu assez, d’un coup, de tous les livres où les deux amants se retrouvent toujours, de toutes les fins où les deux s’aimaient pour le restant de leurs jours. Elle remit rapidement les lettres dans leur boîte, qu’elle rangea sous le lit, et se dirigea vers le bureau.
Réalisant réellement ce qu’elle avait refusé de croire.
Elle s’était toujours mentie, avait préféré se voiler la face. La vampire se souvint d’un jour de la semaine précédente, où elle avait croisé Mick à l’hôpital. Il l’avait plus ou moins prise dans ses bras, et ça avait rappelé Wilhelm à la jeune femme, qui avait finalement commencé à en faire son deuil. Son départ en 1909. Elle avait embarquée sur un bateau en partance pour New-York. Son prussien lui avait promis qu’il la rejoindrait là-bas. Ce jour-là, quand elle avait vu la haute silhouette de Wilhelm devenir toute petite, elle avait compris qu’elle avait perdu. Perdu son combat contre les sentiments qu’elle essayait de s’interdire.
La vérité était qu’elle avait peur. Cynthia n’avait compris qu’un an auparavant. En lisant un livre historique sur une pirate du 18ème. Elle s’était reconnue dans la description qu’un personnage avait fait de l’héroïne. Tout comme Mary Read, Cynthia avait peur d’aimer. Parce qu’elle avait vécu l’abandon, le rejet de quelqu’un supposé l’aimer toujours. Parce qu’elle savait que du jour au lendemain, tout pouvait basculer. En une heure. Une minute. Et encore, une simple seconde suffisait. Parce que aimer, aimer vraiment, ça voulait dire s’attacher, accepter la dépendance, s’abandonner pour parfois l’être en retour. Cynthia ne voulait pas subir ça. Elle ne voulait plus subir ça.
Elle s’ébroua, comme souvent quand elle sortait de la torpeur de ses pensées, et regarda la haute bibliothèque où tous les livres d’histoires romantiques étaient rangés.
Cynthia resta immobile, parcourant seulement du regard les romans étalés. Soudain elle avança et, attrapant les livres par la tranche, elle les fit basculer violemment sur le sol. Les uns après les autres, ils tombaient pour s’empiler par terre. Quand elle les eut tous dégagés, elle alla chercher des cartons pour les mettre dedans.
Au bout de trois quarts d’heure, elle avait ramassés tous les livres, et emportait chaque boîte dans l’entrée. Quelqu’un sonna. Elle laissa tomber le carton qu’elle portait et ouvrit la porte…
------------- pour ceux qui parlent pas allemand : Liebe Kunthea = chère kunthea wie geht's dir ? = comment vas-tu ? wer weiss ? = qui sait ? ich hoffe = j'espère du versäumst mich = tu me manques je crois que j'ai tout mis... ah, non, au cas où vous vous poseriez la question : dans ma fiche verdammt = hem...  ça peut se traduire par "bordel", "zut", etc. ich liebe ihn = je l'aime (mais, ça, j'pense que c'est la phrase la plus facilement compréhensible...  ) |
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